Paroles d’adolescents en chemin vers le baptême

«Que chacun réponde à l’appel de son nom en se mettant debout et en répondant: “Me voici!”»

Samedi 1er mars 2025, plus de 160 collégiens et lycéens des Alpes-Maritimes ont, de cette manière, répondu à l’appel du Seigneur et de l’Église. Ce matin-là, Mgr Nault présidait une célébration unique pour l’Appel décisif des adolescents, en vue de leur baptême, une première dans l’histoire récente de notre diocèse. Rassemblés en la cathédrale Sainte-Réparate, ils étaient accompagnés de leurs responsables d’aumônerie, adjoints en pastorale scolaire, parrains et marraines…

Charlène, Églantine, Clément, Lucie et Bérénice, âgés de 12 à 15 ans, témoignent de leur chemin vers ce sacrement de l’initiation chrétienne (article complémentaire au magazine Église des Alpes-Maritimes n°132/mai 2025).

Les personnes qui m’accompagnent

Églantine, en 4e au collège des Campelières, Mougins: «Ce qui est important, c’est la communauté, c’est-à-dire les jeunes que j’ai rencontrés, Christelle (la responsable de l’aumônerie des collèges du doyenné des Pays de Lérins, ndlr), toutes les personnes qui nous accompagnent. Par exemple, j’ai fait un voyage à Rome, il n’y a pas longtemps, un pèlerinage, il y a quelques adultes qui ont fait ce voyage. C’est devenu comme une deuxième famille. »

Clément, en 2nde à l’institut Sasserno, Nice: «On a notre professeur de catéchisme et de culture religieuse, Mme Courson. Et, personnellement, j’ai mon parrain et ma marraine. Mon parrain, Paulo, c’est un grand ami de mes parents, et ma marraine, Laura, c’est l’une de mes deux sœurs, la seule qui est baptisée. Je trouve ça magnifique l’entraide entre les chrétiens, c’est une communauté relativement soudée et donc je suis fier de ça. Je suis très heureux de faire partie de cette communauté bientôt. Je suis allé à la messe de Noël, sinon les messes, je n’y vais pas trop. Pour l’instant, comme je ne suis pas encore baptisé, j’ai comme un sentiment de ne pas être digne d’y aller. Mais, dans le futur, ce sera avec grand plaisir.»

Charlène, en 4e au collège Pierre Bonnard, Le Cannet: «Ma famille est catholique, mais elle ne pratique pas trop, on n’en parlait pas trop. Ma grande sœur est croyante et allait à l’aumônerie. C’est grâce à elle que j’ai fait cette rencontre avec l’aumônerie et que je me suis inscrite. Ce qui m’a motivée à continuer, ce sont les gens qui m’entourent, c’est-à-dire les gens qui m’accompagnent. J’ai fait des très bonnes rencontres, je ne m’y attendais pas. Je pensais que c’était super stricte la religion, alors que pas du tout. Il y a certaines règles, mais ce n’est pas “tu n’as pas le droit de faire ci, tu n’as pas le droit de faire ça”… Il y a une liberté, mais tout en restant dans la Parole de Dieu. Quand j’ai appris la Parole de Dieu, je pense que j’ai vu la vérité.»

Bérénice, en 5e à l’institution Sainte-Marie-de-Chavagnes, Cannes: «Avant, j’habitais à Paris où j’ai commencé à préparer le baptême. Là, c’est ma quatrième année. Ici, je suis avec Diane (adjointe en pastorale scolaire, ndlr) et les personnes qui vont se faire baptiser. Dans mon ancienne école catholique, c’était un prêtre. C’est bien d’avoir une communauté pour soutenir et être soutenue. On est plusieurs jeunes et je trouve que, déjà, on peut parler, c’est top, et surtout on n’est pas tout seul. Dans mon ancienne école, on n’était que deux; il y avait une fille qui ne venait pratiquement jamais aux réunions. Et quand j’étais toute seule, parfois, pour répondre à des questions, j’avais mon opinion, mais je ne pouvais pas la partager avec d’autres personnes de mon âge. Ça me mettait un peu en difficulté. Parce qu’un enfant, ça n’a pas la même réflexion qu’un adulte.»

Lucie, en 5e à l’institution Sainte-Marie-de-Chavagnes, Cannes: «Comme marraine et parrain, j’ai demandé à ma tante Balçam et mon oncle Bruno. Parce que, depuis toute petite, je les vois tous les jours, on habite au même endroit. Et je sais que je peux compter sur ces personnes, je les adore. On est vraiment proches.»

La prière

Charlène: «J’ai appris à prier. C’est bizarre de dire ça comme ça, mais on a une façon de prier. En fait, on est libres. J’essaye de prier un peu tout le temps. C’est-à-dire que je pense à parler à Dieu. Mais il y a un moment où ça me fait vraiment du bien, c’est le soir avant de dormir. Dieu, c’est comme notre meilleur ami, c’est comme notre Père en fait. C’est notre Père! C’est vraiment quelqu’un à qui on peut se confier, en priant.»

Églantine: «Souvent, les gens disent que c’est idiot de dire que Dieu c’est notre Père. Mais non, parce qu’on n’a pas besoin de l’entendre pour savoir ce qu’il pense, on sait qu’il nous aime, qu’il nous accepte. Tout ce dont il a besoin, c’est de notre amour, qu’on l’aime en retour et surtout qu’on le respecte et qu’on respecte notre prochain, lui et nous. Moi, je prie quand je sens que j’ai fait une erreur, ou quand j’ai l’impression que tout me tombe dessus, que ça va être compliqué. Je prends dix minutes pour prier: je lis mes prières, et surtout je réfléchis à ce que je lis; je m’excuse, je demande et surtout je remercie. Ce sont les trois piliers de la prière, s’excuser, remercier et demander.»

Bérénice: «J’ai toujours prié, depuis que je suis petite. Parce que ma mamie est croyante et c’est elle qui m’a tout appris. Je ne prie pas tous les jours, parce que parfois je n’y pense pas ou je n’ai pas trop le temps.»

Clément: «Au début, je ne savais pas vraiment comment prier; et je ne pense pas savoir comment prier parfaitement aujourd’hui. Mais cela a évolué et je me sens plus proche de Dieu maintenant quand je prie. Avant, j’avais l’impression de dire des mots dans le vent, on peut dire ça. Aujourd’hui, ça va mieux et j’ai l’impression d’être écouté. Je prie tous les soirs avant d’aller me coucher. Et ça m’arrive de prier le matin également. Et comme j’ai la chance d’habiter à côté du monastère de Cimiez, quand je rentre chez moi, je passe souvent devant l’église et donc je vais soit déposer un cierge, soit faire une prière.»

Extrait de l’homélie de Mgr Jean-Philippe Nault

«Ce que je peux vous assurer, c’est que, avec le baptême, commence pour vous une extraordinaire aventure avec Dieu. Et que cette aventure, elle est propre à chacun, elle vous est personnelle. Et, même si elle a commencé un petit peu déjà, bien sûr, elle va franchir une étape importante, capitale, le jour de votre baptême. Le jour de votre baptême, le Seigneur vient vous faire plein de cadeaux. Mais il y a un cadeau qui dépasse quelque peu tous les autres, c’est que le Père, le Fils et l’Esprit – ce qu’on appelle la Trinité –, Dieu lui-même vient habiter en vous. Et donc, quelque part, on peut toujours entrer en soi et y retrouver Dieu. Et à partir de notre baptême, il y a une relation extraordinaire qui se met en œuvre entre Dieu et vous, une relation d’amour partagé. Dieu vous aime infiniment. Et vous, et nous, on essaye cahin-caha de lui dire tout notre amour. Et de cet échange d’amour va grandir ce que l’on appelle une amitié – un amour reçu, un amour donné –, mais une amitié extraordinaire parce que c’est une amitié avec Dieu. Et c’est notre secret, c’est-à-dire votre secret. […] Voyez aujourd’hui, et ce sera vrai tout spécialement le jour de votre baptême, il y a une belle aventure avec Dieu qui commence. Et c’est votre joie de commencer ce chemin; c’est la joie de toute la communauté chrétienne qui est réunie aujourd’hui et qui sera réunie aussi pour votre baptême; c’est aussi la joie de Dieu. Aujourd’hui, vous êtes la joie de Dieu. Non seulement il est présent parmi nous dans cette église, mais il vous accueille avec joie et il va cheminer avec vous tous les jours, pour toujours.»

Charlène et Églantine s’apprêtaient à recevoir le sacrement du baptême samedi 26 avril en l’église Sainte-Philomène, au Cannet. L’année prochaine, elles prépareront la communion et la confirmation.

Bérénice et Lucie recevront dimanche 25 mai, en l’église Notre-Dame-des-Pins à Cannes, le baptême et l’eucharistie. Avant de préparer la confirmation, sacrement qu’elles devraient recevoir dans deux ans, en 3e.

Quant à Clément, il sera baptisé samedi 14 juin en l’église du Vœu, à Nice. Il continuera ensuite la préparation afin de recevoir les sacrements de l’eucharistie puis de la confirmation.

La transmission

Églantine: «J’ai beaucoup d’amis musulmans, on discute très souvent de nos religions, parce qu’il y a beaucoup d’idées reçues, de préjugés. Alors que, quand on discute, ils sont en mode “Ah ouais? Sérieux? On ne pensait pas…” Et c’est bien parce que ça fait découvrir, c’est aussi culturel.»

Charlène: «Même à mes amis musulmans, je parle de mon baptême, et ils m’écoutent vraiment. Ça me fait plaisir parce qu’on n’est pas de la même religion. Et même à mes amis qui ne croient pas en Dieu, franchement ça me fait plaisir de leur en parler.»

Lucie: «Je trouve que c’est important d’en parler à d’autres personnes, de donner ce que Dieu nous a donné : donner cette Parole.»

Propos recueillis par Denis Jaubert