Marie, Mère de l’Espérance


En ce mois de mai, traditionnellement dédié à la Vierge Marie, nous sommes invités à lui ouvrir nos cœurs. Elle est plus que jamais la Mère de l’Espérance, en cette année jubilaire où les faveurs d’en haut nous sont généreusement offertes si nous savons les demander. Comme le dit le concile Vatican II (Lumen Gentium n°68): «en attendant la venue du jour du Seigneur (cf. 2 P 3, 10), elle [Marie] brille déjà devant le Peuple de Dieu en pèlerinage comme un signe d’espérance assurée et de consolation».
Saint Philippe Néri au XVIe siècle, qui s’occupait d’instruire de jeunes adolescents, les exhortait à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai. Il les réunissait autour de l’autel de la Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, leurs cœurs et leur bonne volonté. C’est surtout au XVIIIe siècle que cette piété populaire, consistant à honorer Marie chaque jour de ce mois, s’est développée sous l’influence des jésuites, des dominicains et des capucins.
De même qu’au mois de mai la nature fait éclore ses rameaux de fleurs, de même nos âmes, au contact de Marie toute pure et immaculée, sont éveillées à la pureté du cœur, et à la pratique des vertus d’humilité, de douceur et de miséricorde que partagent la Mère et son Divin Fils. En regardant Marie, nous sommes attirés irrésistiblement vers Dieu et vers le service du prochain. Car «quand l’Esprit-Saint trouve Marie dans une âme, il s’y précipite» (saint Louis-Marie Grignion de Montfort).

N’hésitons pas à aménager dans nos maisons un petit espace pour la prière avec Marie, un espace fleuri; prenons notre chapelet où chaque Ave Maria prononcé avec le cœur est une rosée céleste qui féconde les âmes. Surtout, prenons la résolution de lui tenir compagnie un petit moment, chaque jour de ce mois, et confions-lui nos vies, confions à son intercession maternelle les besoins de nos familles et l’avenir de nos nations qui semble aujourd’hui menacé.

Marie est appelée «notre espérance», par exemple dans le Salve Regina, «spes nostra salve», parce qu’elle est parvenue au terme de la destinée humaine et que son intercession est toute puissante sur le Cœur de Son Fils. Nous sommes ses enfants, qu’Elle aime du même amour que Son Fils Unique. Prenons donc Marie chez nous comme l’a fait «le disciple que Jésus aimait», et comme le dit encore saint Louis-Marie Grignion de Montfort : «Heureux, mille fois heureux les chrétiens qui s’attachent fidèlement et entièrement à Marie comme à une ancre ferme».
P. Emmanuel-Marie Alexandre
Recteur du sanctuaire diocésain Notre-Dame-de-Valcluse
